14.6.26

J’ai dans le cœur


I

 

J’ai dans le cœur : ce qu’il reste du voyage la poussière peut-être une peine affreuse nous sommes devant tout est tenu les ombres les jours les murs les cours les jardins les promenoirs tu respires ici même tu courbes les joncs

 

Si courbés un par un misère incontrôlable une peine si affreuse de fait il n’est de choses si affreuses tout part et tout revient il reste encore des boucles et des tours les joncs un sur un à l’endroit t à l’envers les peines les misères 

 

La joie immense l’heureuse satisfaction on comprend on respire ce qui importe le plus l’air pénètre la vie la lumière la lumière une certitude un col pour les anges un sommet pour les bergers amoureux je n’en aurais trop


II

 

J’ai dans le cœur : tu vois il souffle ce cœur fidèle sous le pied la branche tu grimpes au plus haut y vois-tu la terre ronde les jours heureux cachés les feuilles tremblent à la stridulation cigales d’aventures jour heureux de plus  

 

La vie est en avance si tu le vois si tu le sens nous sommes sortis des ronces aux jours les heures pour entendre je compte les pas le long couloir la fraicheur subtile nous n’avancerions pas nous ne tiendrions les tiges : rien

 

Les herbes simples les immortelles sèches closent le souvenir tu vois les paroles perdues la vie est en avance si tu dis je redis l’avance au vide dépose tes paniers les fardeaux de fleurs sèches il est encore passé : le vent éternel 


III

 

J’ai dans le cœur : si tu vois encore il est possible que nous ne comprenions ni l’espace ni le temps les heures simples les idées opposées tu refuses les obstacles choses évitées pierres abandonnées je ne vois en avance la route 

 

Les feuilles sous les arbres les mains tendues nous ramasserons je te tiens tu composes doigts en paniers fruits renversés sous le soleil sous les branches ciel tenu cœur rendu une émotion tu prends tout : tu composes 

 

À la main tu vois si tu tiens je commence de feuilles en feuilles pied à pied trait pour trait portes ouvertes sur ce qui n’est pas commencé je vois la mer tu vois les feuilles aux branches au vaste monde attrapés : nous cherchons  


IV

 

J’ai dans le cœur : tu vois ce qui se présente les feuilles aux branches les insectes tournent les heures écoulées je tiens tu composes entre les choses nouvelles les choses abandonnées nous avançons sur ce chemin en contraste 

 

Si tu le veux nous sommes appliquées blancs et noirs clairs et obscurs les yeux ouverts et fermés que je cligne que tu contrastes entre les fentes volets à clore le jour s’éclipse entre les cils tu restes sous les branches : silencieux

 

Le soleil entre les branches au jardin ouvert le cœur endormi tu penses bien tu tournes seul aux heures redoutables entre les herbes les outils dissimulés les ombres mains nouées tu tournes bien : l’air respires-tu quand même     

 

V

 

J’ai dans le cœur : on demande tu vois les outils sont les mêmes objets posés choses perdues paroles envolées un arbre des fruits pour la soif tu viens je recommence aux arbres les insectes sur la peau : simples vermines

 

Devant le seuil je te vois tu es arrêté tu tiens les bras les pieds une série des choses insuffisantes rien n’arrête le temps les heurs écoulées les mains ouvertes je suis tendu je suis inquiet tu tournes sur le temps les jours perdus 

 

Les cloches tintent un pied avancé les yeux posés tu comptes les vibrations si longues si courtes on revient ces chocs ces tics ces tacs au beau temps les jours anciens saison perdue il est possible que ce soit un bloc rouge et glacé 


05 août 2024. 


1 commentaire:

  1. Les cloches tintent un pied avancé les yeux posés tu comptes les vibrations si longues si courtes on revient ces chocs ces tics ces tacs au beau temps les jours anciens saison perdue il est possible que ce soit un bloc rouge et glacé

    Les cloches sonnent sans raison
    Et nous aussi…
    Tzara (L’homme approximatif)

    Poème piano
    c’est idiot
    mais c’est ainsi

    Il fleurit
    au fur et à mesure
    de l’écoute
    d’une pièce jazzée
    qui secoue le clavier

    Les sons et les mots
    se touchent

    On ne sait
    où s’arrêter
    On ne sait pourquoi
    le jeu de piano
    produit ces fééries

    Cordes frappées
    Marteau sans maître
    Crevant la raison

    Posée sur le piano
    Fume une Craven A

    Ça date
    Ça coule
    et ça syncope

    Un pur régal
    Signifiant
    Ce moment-ci
    Qui sonne sans raison…
    et Nous aussi

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