11.9.26

Barbarie


I

 

Comme s’il le fallait je vois je tiens tu acceptes il te fait dire ce qu’il y a entre les étoiles en cercle tout avance je ne disparais pas nous sommes au refuge nous sommes à la déchirure tu tires sur la toile un coup sec : la soie froissée  

 

Il faut trancher les heures oubliées tu te souviens d’éblouissements en éblouissements du thym sur le chemin routes et plantes odorantes tenons pour l’aneth et le myrte sent-il bon : il nous reste les fruits perdus 

 

Il reste des branches des feuilles pour tendre et soutenir la vie sur la route le chemin entre les feuilles les heures les nuages les sillons tu traces sous les feuilles comme s’il le fallait l’aneth le thym le myrte : enfant chante 

 

II

 

Comme s’il le fallait situation antique je tourne tu comprends il te donne le temps il te prend la mesure je suis venu tu vois la lune à l’horizon et tournent encore les cigognes tout passe le ciel le givre viennent : enfin dus

 

Tu savais attendre le point pour voir la nuit le vent la lune les étoiles je suis sur le chemin tu tournes sous les nuages la vie en avance le calme les erreurs je suis à ton côté je suis ta différence : tout argente le visage les fleurs

 

En chemin tu donnes je vois resterons-nous deviendrons-nous anciens sans jours devant le ciel nous sommes descendus nous sommes sans conséquence de rêves et de joies : il reste le mystère des choses endormies    

 

III

 

Comme s’il le fallait les choses endormies le rêve la barbarie reste tu achèves il faut courir encore de parfums en silences les yeux ouverts le cœur palpite tu sais tu le sens il te reste les plantes oubliées : le cœur pour tout dire 

 

Oh entendre je te vois tu saisis il reste les outils les animaux les ramiers tu restes qu’il est doux dormirions-nous cherches-tu ce qui reste les eaux dispersées les sources fugitives les près soumis le bord le bruit : ce qui reste 

 

Et ne reste pas il faut ce que je ne dois plus entendre et dire nous allons au pied les troncs les oliviers les vignes tu trembles je le vois saurons-nous encore dormir pour nous réjouir l’aneth et le myrte et le thym : tout croissant   


30 novembre 2024.




Tyndaris

Ô blanche Tyndaris, les Dieux me sont amis 
Ils aiment les Muses Latines ;
Et l'aneth, et le myrte et le thym des collines 
Croissent aux prés qu'ils m'ont soumis.

Viens ! mes ramiers chéris, aux voluptés plaintives, 
Ici se plaisent à gémir ;
Et sous l'épais feuillage il est doux de dormir 
Au bruit des sources fugitives. 

Études latines, XV, Charles-Marie Leconte de Lisle  (1818 - 1894)

1 commentaire:

  1. Comme la soie froissée
    il nous reste l’enfance
    ses plis sur les branches

    chemins oubliés
    heures odorantes
    il nous reste ce fruit
    qui court sous les feuilles
    cette trace de l’enfance


    comme la lune suspendue
    dans un ciel de givre
    quand passent les cigognes

    il nous reste la vie
    le calme et les erreurs
    le visage des fleurs
    le mystère des rêves
    de la joie endormie


    comme le cœur qui nous dit
    le parfum des silences
    les plantes qui palpitent

    les animaux tapis
    dans le cœur de l’enfance
    les sources fugitives
    au creux de notre lit
    il nous reste la vie

    RépondreSupprimer

rien de grave

I    Je nous tu il le sens des choses le poids tu tiens nous venons ils sont abandonnés je reprends cela tourne du dehors au dedans fuis et ...